🕮 Asiki Yumemishi - Le Dit du Genji (saga manga)
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Auteur : Waki Yamato
Éditeur : Panini
Date de parution : 6 novembre 2024
Nombre de pages : 408 pages
Genre littéraire : Classique littéraire
Public cible : Adultes
Format lu : Papier (emprunt bibliothèque)
Note : 3/5 🔥
Lecture terminée le 25 septembre 2025.
"Adapté d'une oeuvre majeure de la littérature japonaise, Le Dit du Genji raconte la vie du prince Hikaru Genji à la cour impériale du Japon pendant l'ère Heian. Charmeur et raffiné, sa beauté ne laisse indifférente aucune des femmes qu'il veut séduire. Multipliant les conquêtes, rien ne l'arrête. Il tombe éperdument amoureux de sa belle-mère, Fujitsubo. Incapables de dominer leur passion, ils transgressent l'interdit. Un acte qui vaudra au prince surnommé « le Radieux », souffrance et regrets tout au long de sa vie."
Le Dit du Genji, grande œuvre classique japonaise, m’attire autant qu’elle m’intimide. C’est pourquoi ce manga m’a semblé être l’occasion rêvée d’en découvrir davantage sur ce texte qui continue d’exercer une influence notable encore de nos jours.
Nous sommes au Japon impérial, aux alentours du Xe siècle, à la cour de l’Empereur.
Difficile de résumer cette histoire en quelques lignes ! Mais, dans les grandes lignes, elle suit la vie tumultueuse du prince Genji, fils d’une épouse de l’Empereur, aujourd’hui décédée. Cette femme, profondément aimée de l’Empereur, n’était toutefois pas une épouse principale, ce qui signifie que Genji n’était pas destiné à régner. Pour la remplacer, l’Empereur épouse alors une jeune femme qui est la copie conforme physique de son amante défunte. Or, Genji se lie très profondément à cette nouvelle épouse de son père, au point qu’adolescent, il en tombe éperdument amoureux.
Sa vie sera alors marquée par cet amour impossible, avec des amours compliquées qui façonneront son existence et ses choix.
- Une véritable lecture-fleuve, romanesque à souhait ;
- Un ballet de protagonistes savamment orchestré par le mangaka, ce qui n’a certainement pas dû être une mince affaire.
- Autres temps, autres mœurs : certains éléments sont choquants, notamment le regard porté sur les jeunes filles, ce qui peut déstabiliser ;
- Un manque de subtilité dans le dessin des visages, particulièrement ceux des femmes, ce qui rend parfois l’identification des personnages un peu compliquée.
Ce premier tome du Dit du Genji a globalement été une bonne lecture, souvent intéressante et fascinante. Il m’a permis de réaliser à quel point cette œuvre a influencé tant d’autres, et de comprendre pourquoi elle est toujours considérée comme une référence majeure de la littérature japonaise. C’est aussi ce que j’apprécie dans ce type de lecture, presque patrimoniale : l’opportunité de plonger dans un univers ancien tout en en saisissant l’importance historique et culturelle.
Ce que nous découvrons ici, ce sont avant tout des histoires d’amours et de sexe, et je n’hésite pas à le dire ainsi, car c’est le cœur du récit. Ces amours se déroulent dans un contexte d’opulence et de faste, au point qu’on pourrait presque les qualifier de distractions luxueuses. Quelles vies sans souci ils mènent ! Pourtant, derrière ces apparences de splendeur, ces personnages restent profondément humains, traversés par des tourments et des souffrances, souvent liés à des jeux de pouvoir qui, même au sommet de la hiérarchie, créent des drames personnels intenses. C’est une vision à la fois fascinante et, parfois, un peu rebutante de la vie à la cour impériale. Mais il faut reconnaître qu’elle nous donne une photographie saisissante de ce monde régi par des règles strictes et une organisation minutieuse, où chaque geste compte.
Le trait, quant à lui, me convainc à 80%. Par moments, il est un peu brouillon et anguleux, surtout quand il s’agit de dessiner certains personnages féminins, qu’il est difficile de différencier sans recourir aux dialogues. Le cadre aussi semble parfois un peu austère, et certaines cases manquent de détails, ce qui peut rendre la lecture un peu plus difficile. Cependant, j’ai été vraiment impressionnée par la manière dont les vêtements et les tissus sont rendus : les textures et les plis des costumes sont si bien dessinés qu’on pourrait presque les toucher et sentir leur poids.
En conclusion, ce premier tome offre un aperçu fascinant de Le Dit du Genji, tout en le rendant plus accessible grâce à son format manga. Bien qu’il présente des défauts, notamment dans le traitement graphique et certaines incohérences narratives, il reste une lecture agréable et enrichissante pour qui souhaite découvrir cette œuvre mythique sans s’attaquer directement à sa version originale. À défaut d’être une adaptation parfaite, ce manga propose une entrée intéressante dans un univers historique et littéraire d’une grande richesse, et réussit à transmettre l’essence de Genji : son mélange d’opulence et de tragédie humaine, de passion et de pouvoir.
Un premier tome intéressant, qui nous plonge dans un univers à la fois fascinant et un peu déconcertant. Si l’adaptation graphique n’est pas parfaite, elle reste suffisamment immersive pour captiver l’attention.
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