🕮 Et si on changeait d'angle ?

Publié le par Ismérie

et si on changeait d'angle adultisme

Auteur : Fanny Vella

Éditeur : Leduc (coll. Graphic)

Date de parution : 27 avril 2022

Nombre de pages : 127 pages

Genre littéraire : BD à visée documentaire

Public cible : Adultes

Format lu : Papier (Prêt d'une amie)

Note : 2/5 ⏳

Lecture terminée le 25 janvier 2026.

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📖 Résumé de l’éditeur :

"Le livre qui permet de poser avec humour un nouveau regard sur l'éducation.

Qui n’a jamais mis un manteau à son enfant malgré le fait qu'il dise avoir chaud, sous prétexte que nous avions froid ? Qui n'a jamais demandé à son enfant de finir son assiette alors même que nous ne le faisons pas toujours ? Qui n'a jamais entendu untel dire que notre petit est un peu sauvage parce qu'il refuse les embrassades que nous n'accepterions pas non plus ? Quid de toutes ces anecdotes que chaque parent connaît bien, pour le meilleur comme pour le pire ?

Fanny Vella propose un changement d’angle subtil et espiègle pour permettre de voir les choses autrement. Avec beaucoup d’humour et une pointe d’ironie, elle nous invite à rire de nous, à rire des autres, mais surtout à voir la parentalité et l’enfant autrement afin de déconstruire tout un tas d’idées reçues."

💡 Pourquoi j’ai lu ce livre ?

Une de mes amies, qui lit pourtant très peu, s’est récemment laissé tenter par ce livre, chaudement recommandé par une libraire. Si certains aspects lui ont plu, d’autres l’ont laissée plus réservée. Son envie d’en discuter a naturellement conduit à cette lecture.

📚 De quoi ça parle ?

L’autrice et dessinatrice Fanny Vella propose ici une succession de courtes scènes inspirées de situations auxquelles nous avons toutes et tous été confrontés, que ce soit face à des enfants ou dans notre propre enfance. Le dispositif est simple mais percutant : dans ses dessins, l’enfant est remplacé par un adulte.

Ainsi, un adulte se voit critiqué sans ménagement pour son manque d’attention ; un autre est contraint de finir son assiette ou sommé de sortir du bain, sans que sa parole ne soit réellement prise en compte. En miroir de ces scènes ordinaires mais violentes, l’autrice donne aussi la parole à plusieurs adultes, choisis pour témoigner d’un moment charnière de leur vie, lorsqu’ils ont eu, enfants, le sentiment d’être véritablement considérés et écoutés.

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✅ J’ai aimé :
  • L’idée de départ est toute simple, mais réellement brillante ;

  • Certaines planches se révèlent particulièrement pertinentes et percutantes.

❌ J’ai moins aimé :
  • À un moment, le sujet s’éloigne trop des VEO pour s’aventurer notamment sur le terrain du racisme, ce qui tend à brouiller le message ;
  • Sur la longueur, le propos perd en pertinence et aurait gagné à s’appuyer sur un fond plus étoffé que la seule force de l’idée initiale.
🔎 Un petit aperçu...
🕮 Et si on changeait d'angle ?
💭 Ce que j’en ai pensé :

Encore plus aujourd’hui, depuis que j’ai le bonheur d’être maman d’un petit garçon, ce livre me tentait beaucoup par sa manière de retourner les situations afin de nous les faire voir sous un autre jour. Avec mon conjoint, on constate chaque jour le décalage qui peut exister entre les générations lorsqu’il s’agit d’éducation.

Par exemple, nous pratiquons toujours le cododo après un an et demi — ce qui facilite aussi l’allaitement nocturne — et une partie de notre entourage est persuadée que notre fils ne saura jamais dormir sans nous. Autant dire que, parfois, on a presque l’impression d’être cloués au pilori. De notre côté, on se dit au contraire que cela nourrit sa confiance dans son rapport au sommeil. Et le résultat est là : on dort tous les trois très bien. Vraiment.

J’ai donc beaucoup aimé les pages consacrées au sommeil, à l’alimentation, ou encore à la remise en question de comportements soi-disant incorrects chez les enfants. En représentant ces situations avec des adultes à la place des enfants, l’autrice met en lumière l’absurdité — et parfois la violence — de certaines attitudes d’adultes. Ce renversement permet aussi de prendre conscience de la manière dont l’enfant peut être déshumanisé, parfois sans même que cela ne soit conscientisé.

En revanche, j’ai trouvé que l’autrice se perdait lorsqu’elle mêlait des thématiques supplémentaires. Je pense notamment à la courte histoire évoquant le racisme envers les personnes asiatiques. Je comprends le propos, et l’on peut imaginer qu’il s’agit de dénoncer certaines attitudes, par exemple envers un enfant adopté. Mais est-ce réellement le sujet ici ? Fallait-il à ce point préciser une caractéristique particulière ?

Les situations me semblent bien plus pertinentes lorsqu’elles restent détachées de toute catégorisation raciale ou autre. Être simplement un enfant suffit déjà à générer de nombreuses formes de discrimination. J’ai eu l’impression, à ce moment-là, que l’autrice cherchait à cocher certaines cases de l’inclusion de manière un peu artificielle. Et c’est dommage.

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📦 En bref :

Cette lecture laisse un sentiment vraiment mitigé : si la démarche est franchement appréciable, le contenu donne malgré tout l’impression de manquer d’un fond plus approfondi.

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