🕮 Une BD qui parle de cul

Publié le par Ismérie

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Auteur : Marie de Brauer

Éditeur : Leduc (coll. Graphic)

Date de parution : 5 mai 2025

Nombre de pages : 112 pages

Genre littéraire : BD autobiographique/sociologie légère

Public cible : Adultes

Format lu : Papier (Emprunt bibliothèque)

Note : 3/5 🔥

Lecture terminée le 14 janvier 2026.

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📖 Résumé de l’éditeur :

"Adolescente, je pensais qu’à mes 30 ans, je passerais mes week-ends à faire la fête et à faire l’amour, que je vivrais des relations saines et joyeuses et que j’aurais même, peut-être, trouvé le grand amour... Aujourd’hui, j’ai 29 ans, et ce n’est pas vraiment le cas ! Ma vie est super, mais sur le plan amoureux, c’est la merde. Dans cette BD, je vais vous raconter mes dates foireux, mon célibat, mes années d’abstinence et mon rapport au sexe de meuf hétéro un peu paumée. Et pour mieux saisir la diversité des expériences, je vais aussi à la rencontre de la sexologue Claire Alquier (toujours de bon conseil) et d’autres personnes qui témoignent de leur sexualité bien différente de la mienne. Une BD qui parle de cul avec franc-parler, humour et intelligence (dixit mon éditrice), sublimée par les illustrations pétillantes de Lucymacaroni."

💡 Pourquoi j’ai lu ce livre ?

Récemment, lors d’un bookclub Livraddict, j’ai eu l’occasion de découvrir la première BD de Marie de Brauer, une personnalité que je connaissais sans vraiment la connaître. Si l’ouvrage en question m’a laissé un avis plutôt mitigé, il a tout de même éveillé ma curiosité. J’ai donc eu envie de lire cette seconde bande dessinée, pour voir ce qu’elle avait d’autre à proposer, notamment dans son discours, et vérifier si cette nouvelle lecture saurait davantage me convaincre.

📚 De quoi ça parle ?

Marie de Brauer évoque ici son rapport à la sexualité au sens large : d’abord en tant que femme « grosse », puis comme jeune adulte plongée dans l’ère des réseaux sociaux et des applications de dating, avec tout ce que cela implique en matière de rencontres dites faciles. Elle élargit ensuite le propos en interrogeant des amis et des connaissances sur leur propre rapport au sexe, dans une forme qui tient de l’entretien sociologique léger, entre témoignages, réflexions personnelles et mise en perspective de parcours très différents.

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✅ J’ai aimé :
  • Le côté essai / documentaire, ici bien mieux maîtrisé et nettement plus qualitatif que dans sa précédente œuvre ;
  • L’idée d’interroger des proches et des amis aux vécus très différents, qui apporte une vraie diversité de points de vue ;
  • L’agencement des cases et des vignettes, que j’ai trouvé particulièrement réussi et agréable à lire.
❌ J’ai moins aimé :
  • La fin est, pour moi, une vraie catastrophe : sous couvert d’humour, elle gâche franchement toute la lecture ;
  • Marie, malgré son militantisme, est bourrée d’injonctions, ce qui m’a parfois agacée, je l’avoue ;
  • Le langage reste très châtié quand même… 😆
🔎 Un petit aperçu...
🕮 Une BD qui parle de cul
💭 Ce que j’en ai pensé :

Après une lecture en demi-teinte de Ne jamais couler, j’avais malgré tout hâte de découvrir la seconde œuvre issue de la collaboration entre l’autrice et Lucymacaroni, l’illustratrice. Et j’ai bien fait de m’y pencher, car, globalement, j’ai plutôt apprécié le contenu de cette bande dessinée.

Même si le vécu, les idées, et parfois le militantisme de Marie sont assez éloignés de ce qu’est ma propre vie, je l’ai trouvée ici plus touchante, et aussi plus universelle, notamment dans sa manière d’aborder la « dating fatigue » de notre époque. Là où, il y a encore quelques années, les applications de rencontre étaient présentées comme un vecteur d’émancipation des femmes — rencontres sans engagement, sans attaches et sans conséquences — Marie oppose un constat bien différent. Que nenni, nous dit-elle. À cette fatigue des rencontres éphémères s’ajoute une fatigue du regard de l’autre, une lassitude liée à la poursuite d’un désir de toujours plus, qui l’a mise clairement sur les rotules, aussi bien physiquement que mentalement. J’ai trouvé sa manière de traiter ce sujet intéressante et assez candide, il faut le dire, car on sent — comme dans son premier ouvrage — qu’elle est encore en pleine réflexion sur ses propres positionnements. Et je crois que c’est finalement ce qui fonctionne avec la personnalité de Marie de Brauer auprès du grand public : elle est à la fois grande gueule et encore pleine d’incertitudes.

J’ai aussi beaucoup aimé le fait qu’elle prenne en compte la globalité de sa vie pour tenter de mieux se comprendre. Enfin, l’ajout des interviews menées auprès de ses amis — qui représentent un panel assez large d’orientations sexuelles, disons-le ainsi — vient renforcer le propos et ouvre la réflexion à d’autres regards.

Concernant le dessin, ce n’est toujours pas ma came, mais c’est très personnel, d’autant que c’est objectivement joli. Simplement, ça ne me fait rien. En revanche, j’ai trouvé que Lucymacaroni instillait, dans les passages abordant des sujets plus délicats, une forme de pudeur touchante dans son trait, et j’ai apprécié cela.

Mon très grand regret reste la fin. Clairement, elle m’a évoqué ces groupes de rock qui choisissent un fondu pour conclure un morceau, faute de mieux : une solution de facilité. Le trait d’humour dont elle fait le choix m’a paru totalement malvenu. Certes, on peut rire de tout, mais ici, cela sonne faux. Pour moi, cette conclusion annihile l’importance des sujets abordés tout au long de la BD. Et c’est vraiment dommage.

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📦 En bref :

Une lecture plutôt satisfaisante, qui montre que l’autrice a approfondi sa réflexion entre ses deux œuvres et affiné son écriture. Reste une fin qui, à mes yeux, constitue un vrai frein et laisse un goût amer.

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