🕮 Ne jamais couler

Publié le par Ismérie

Ne jamais couler Lucymacaroni marie de brauer

Auteurs : Marie de Brauer & Lucymacaroni

Éditeur : Leduc (coll. Graphic)

Date de parution : 18 janvier 2023

Nombre de pages : 106 pages

Genre littéraire : Roman graphique docufiction

Public cible : Jeunes adultes

Format lu : Papier (emprunt bibliothèque)

Note : 2/5 ⏳

Lecture terminée le 19 décembre 2025.

Publicité
📖 Résumé de l’éditeur :

"« La grossophobie définit l’ensemble des discriminations que vivent les personnes grosses dans notre société. Elle est constante dans nos vies, de l’enfance à l’âge adulte. C’est une discrimination silencieuse, ignorée, légitimée. Alors voilà, la grossophobie elle est partout, tout le temps. Et tout le monde s’en fout. »

Avec une approche ludique et un humour décapant, Marie de Brauer nous raconte son histoire et son combat contre l’injustice qu’elle vit au quotidien, portés par les illustrations pétillantes de Lucymacaroni..."

💡 Pourquoi j’ai lu ce livre ?

Je participe depuis quelques mois aux différents book-clubs du site Livraddict, qui me permettent de découvrir des titres vers lesquels je ne me serais pas forcément tournée spontanément. Celui-ci en fait typiquement partie. Depuis quelques années, j’ai en effet le sentiment d’avoir un peu fait le tour des BD militantes, et je l’aurais sans doute classée d’office dans cette catégorie.

Or, cette BD faisait justement partie de la sélection du book-club spécial « graphique » du mois de décembre. L’ayant trouvée assez facilement en bibliothèque, j’ai décidé de m’y plonger malgré mes a priori.

📚 De quoi ça parle ?

Cette bande dessinée retrace l’histoire autobiographique de Marie de Brauer, aujourd’hui humoriste et créatrice de contenus. Dès son plus jeune âge, elle a été confrontée aux jugements portés sur son poids, elle qui s’est toujours perçue comme grosse. Corps médical, famille, camarades d’école puis de vie adulte, relations amoureuses : l’autrice revient sur les multiples formes de grossophobie, latentes ou explicites, présentes à tous les niveaux de la société.

Publicité
✅ J’ai aimé :
  • Le style de l’illustration, agréable, même si ce parti pris graphique très en vogue actuellement m’a peu touchée émotionnellement ;
  • Le fait que le récit s’attarde longuement sur la période de l’enfance. Ce n’est pas toujours le cas dans ce type de témoignage, alors même que c’est une phase déterminante.
❌ J’ai moins aimé :
  • Par erreur, sans doute, je m’attendais à un aspect davantage documentaire, croisé avec le parcours de vie de Marie. Une fois la dernière page tournée, j’ai eu le sentiment d’un contenu un peu léger, comme si le propos restait en surface.
🔎 Un petit aperçu...
🕮 Ne jamais couler
💭 Ce que j’en ai pensé :

Je ne connaissais pas Marie de Brauer avant cette lecture — du moins, je ne l’avais pas associée à son nom. Il s’avère pourtant que j’avais déjà vu son documentaire sur la grossophobie, réalisé pour YouTube avec France Télévisions. Le lien ne s’était simplement pas fait au moment où je me suis inscrite à ce book-club.

Dans cette courte BD autobiographique, qui tient davantage du manifeste ou du bilan personnel que du documentaire à proprement parler, l’autrice retrace son parcours de vie. Celui d’une petite fille qui, dès la plus tendre enfance, a été désignée comme « ronde », « potelée », et affublée de qualificatifs devenus tristement banals. À force d’entendre ce discours, elle finit par ne se définir que par cela, traversant toutes les étapes que beaucoup connaissent : vêtements amples, régimes à répétition, sport pratiqué dans une logique de correction, tentatives d’acceptation de soi, consultations médicales… Jusqu’à parvenir, à la fin de sa vingtaine, à une forme d’apaisement et d’acceptation.

J’ai trouvé le propos de Marie particulièrement touchant lorsqu’elle remonte à l’enfance, à ces moments où des adultes se permettent de pincer les joues d’un enfant en lui lançant, sans y voir de mal, un « tu es boulotte ! ». Ce choix m’a émue, car on oublie souvent que nombre de complexes prennent racine très tôt, bien avant l’adolescence et la sexualisation des corps, là où on les situe le plus souvent. Elle montre également avec justesse comment le fait de voir sa mère constamment au régime a pu l’amener à intégrer l’idée que c’était là une norme, voire une obligation pour « prendre soin de soi ». Ce double discours des adultes, qui veulent décomplexer tout en transmettant leurs propres injonctions, est particulièrement parlant.

Pour le reste, je dois reconnaître que je m’attendais à davantage d’éléments éducatifs ou analytiques. En dehors de la partie consacrée à l’enfance, je n’ai pas retiré grand-chose de réellement marquant de cette lecture, qui m’a davantage donné l’impression d’un état des lieux que d’une réflexion approfondie. Je pense d’ailleurs que c’est sans doute l’intention de départ. Il est donc possible que mon attente ait été mal calibrée, et que je me montre simplement trop exigeante vis-à-vis de ce format, dont j’attends spontanément plus de matière et de mise en perspective.

Publicité
📦 En bref :

Une BD qui se lit très vite, mais dont, hormis un ou deux éléments, je ne retiendrai pas grand-chose.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :