Les gorilles du Général [saga bande dessinée]
/image%2F7111230%2F20250809%2Fob_626d99_couv26984947.jpg)
Auteur : Julien Telo & Xavier Dorison
Éditeur : Casterman
Date de parution : 28 mai 2025
Nombre de pages : 108
Genre littéraire : Fiction historico-politique
Public cible : Adultes
Format lu : Format papier (emprunt bibliothèque)
Note : 3/5
Lecture terminée le 9 août 2025.
Résumé de l'éditeur : "Le Général de Gaulle n’avait que 4 gardes du corps : voici leur histoire... 1959. Alors que les cercueils de jeunes appelés arrivent en nombre d’Algérie, les attentats se multiplient en métropole sous l’égide du FLN. Dans ce contexte politique délétère, le Général de Gaulle est rappelé au pouvoir afin de résoudre « la crise algérienne ». Il devient alors l’un des dirigeants les plus menacés de la planète. Pour sa protection, il compte sur quatre hommes, qui resteront tout au long de son mandat ses seuls gardes du corps. On les surnomme les gorilles du Général."
Pourquoi j'ai lu ce livre ?
La couverture, avec son jaune éclatant qui capte immanquablement le regard et ses personnages d’une richesse de détails, m’a immédiatement donné envie de découvrir ce titre. Je ne connais pas en profondeur la vie ni le mandat politique du général de Gaulle, mais un documentaire sur la présence d’un réseau corse au sein de ses forces de sécurité m’avait déjà fascinée. Je m’attendais donc à trouver ici de quoi percer un peu du mystère entourant le plus emblématique président de notre Vᵉ République.
📚 De quoi ça parle ?
Ange, Alain et Georges sont trois hommes dans la force de l’âge, proches des cercles gaullistes. Certains ont participé au Débarquement, d’autres ont milité. Tous trois sont aujourd’hui les gardes du corps du général de Gaulle. Lorsque leur quatrième collègue déserte, on leur impose un jeune premier, chargé de surveiller ces trois « barbouzes » aux méthodes approximatives et aux compétences limitées en matière de sécurité rapprochée.
✅ J’ai aimé
-
Même si l’ensemble est très romancé, l’album reste intéressant sur le plan historique et donne un bon aperçu de l’ambiance de ces années-là.
-
Le dessin est superbe, riche et expressif.
❌ J’ai moins aimé
-
Quelques passages sont difficiles à suivre, l’enchaînement des scènes manquant parfois de fluidité.
🔎 Un petit aperçu :
/image%2F7111230%2F20250809%2Fob_158b80_dorison-telo-les-gorilles-du-general-1.jpg)
💭 Ce que j’en ai pensé :
Septembre 59 le promettait dès sa couverture : une plongée dans une BD qui reprend tous les codes des polars des années 50-60, peuplés de figures mythiques du cinéma français comme Gabin, Delon ou Ventura — bref, les « vrais » hommes de l’époque.
Ici, les premières pages nous présentent quatre Tontons flingueurs, à mi-chemin entre affaires et engagement, unis par leur fascination pour un homme : Charles de Gaulle. Héros absolu de ces anciens soldats, il est pour eux un trésor national à protéger chaque jour. Leurs méthodes ne sont pas toujours les plus orthodoxes, mais la tension est à son comble : le Général s’apprête à annoncer qu’il laisse la porte ouverte à l’indépendance de l’Algérie.
La bande dessinée capte parfaitement le pouls d’une époque. Si la part de fiction est assumée — les auteurs l’expliquent dans un dossier en fin d’ouvrage — on y ressent la fracture profonde qui traverse la société française à ce moment charnière de son histoire.
Le dessin, d’un classicisme assumé, sert admirablement le propos. Les visages sont expressifs, les dialogues savoureux, et l’atmosphère parfaitement restituée. On savoure les apparitions d’un Général de Gaulle déterminé mais marqué par l’âge et le poids d’une vie entière.
Je regrette toutefois quelques passages un peu rapides, qui donnent parfois l’impression de perdre le fil. Je recommande aussi de lire le dossier documentaire avant de se lancer : il éclaire le contexte historique et politique, ce qui pourrait rendre la lecture encore plus riche. Pour ma part, l’avoir lu après coup m’a fait regretter de ne pas l’avoir découvert en amont.
📦 En bref :
Une BD à l’ambiance savamment reconstituée, portée par un dessin classique et expressif, qui nous plonge dans une période charnière de l’histoire française. Malgré quelques transitions rapides, le plaisir de lecture est indéniable, surtout si l’on prend le temps de se replacer dans le contexte avant de tourner la première page.