🕮 Elsbeth & la malédiction du beau silence
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Auteur : Tristan Roulot & Sarah Conradsen
Éditeur : Le Lombard
Date de parution : 7 février 2025
Genre littéraire : Fantasy
Public cible : À partir de 11 ans
Format lu : Papier (emprunt bibliothèque)
Note : 4/5 ☕
Lecture terminée le 5 septembre 2025.
"Tous les êtres sensibles à la magie sont les bienvenus à l'université de Refuge, qui qu'ils soient, d'où qu'ils viennent. Mais quand la malédiction du Beau Silence frappa le royaume, les garçons perdirent l'usage de la parole et de la magie. Elsbeth n'est pas du genre à supporter ce genre d'injustice ! Avec ses deux amies, elle se lance dans une grande aventure pour lever le voile sur les origines mystérieuses de ce sortilège…"
Attirée par la belle couverture, j’ai repéré ce titre au rayon jeunesse de la bibliothèque. La fantasy y réserve souvent de jolies découvertes, alors je me suis laissé tenter sans hésiter
L’histoire se déroule dans une école de magie, où l’on suit Elsbeth, une élève aussi talentueuse qu’amoureuse. Pour aider son petit ami, elle se lance dans un projet de fin d’études un peu fou : tenter de lever la malédiction qui empêche tous les hommes du royaume de parler.
- La thématique du pouvoir de la parole, très bien exploitée ;
- L’intelligence du scénario, qui aborde un sujet fort avec finesse ;
- Les illustrations, vraiment superbes.
- RAS !
Voilà une lecture à la fois intelligente et finement construite ! Là où le manga L’Atelier des sorciers utilise la magie pour explorer le pouvoir de l’écriture, Elsbeth choisit de mettre en avant l’oralité, le pouvoir des mots et de la voix.
Ici, les hommes, privés de parole, se déplacent avec un petit écriteau en bois enchanté autour du cou, leur permettant de communiquer malgré tout. Mais ils ne peuvent plus faire de magie — les mots étant indispensables à son invocation.
Comme souvent dans ce type de récit, il y a ceux — hommes comme femmes — qui se satisfont du statu quo, et ceux qui, comme Elsbeth, questionnent : pourquoi ? dans l’intérêt de qui ?
L’histoire fait également intervenir un groupe d’hommes résistants, peu à peu happés par la haine. J’ai trouvé cet aspect particulièrement intéressant : il met en lumière, avec justesse, les tensions contemporaines entre les sexes et montre à quel point il est facile de glisser vers le rejet ou l’hostilité — ce qui, évidemment, ne sauvera personne.
Elsbeth et la malédiction du beau silence est donc une œuvre qui exploite admirablement la fantasy pour évoquer nos problématiques sociétales actuelles, tout en restant fluide, divertissante et jamais moralisatrice.
Une très belle découverte, à faire lire aussi bien aux jeunes lecteurs qu’aux adultes curieux !
Une lecture agréable, riche en idées et en symboles. J’attends avec curiosité de voir comment les auteurs feront évoluer cet univers prometteur.
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