🕮 Bleu Gentiane

Publié le par Ismérie

Bleu gentiane avis chronique

Auteur : Madeleine Mansiet-Berthaud

Éditeur : Presses de la Cité (coll. Terre de France)

Date de parution : 22 janvier 2015

Nombre de pages : 368 pages

Genre littéraire : Roman du terroir

Public cible : Adultes

Format lu : Papier (prêt familial)

Note : 2/5 ⏳

Lecture terminée le 25 octobre 2025.

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📖 Résumé de l’éditeur :

"Fin du XIXe siècle. Seule ou presque, la belle Gentiane a désormais la lourde charge de la Vouivre, l'une des plus importantes fermes de la région. Son mari Clovis, père de leur petit Joris, n'est plus. Il est tombé des fameuses « échelles de la mort » lors d'une périlleuse tentative de contrebande, pratique alors courante dans ce pays franc-comtois niché entre montagnes et forêts. La jeune femme s'est résignée à accepter l'aide de Gildas, paysan expérimenté, qu'elle ne connaît que trop bien. En dépit de ses réticences, cette présence la rassure. Néanmoins, cette présence la rassure. Ce qui l'inquiète, ce sont ces étranges lettres anonymes qui lui parviennent, accompagnées de bouquets de gentianes…"

💡 Pourquoi j’ai lu ce livre ?

Je l’ai déjà mentionné ici : ma mère est lectrice, elle aussi. Il arrive donc que certains livres voyagent jusqu’à moi par son intermédiaire. Celui-ci, par exemple, lui avait été donné par mon oncle, grand amateur de romans du terroir… mais qui n’avait pas été convaincu par celui-là. Ma mère non plus, d’ailleurs. Comme j’apprécie habituellement cette collection et que je suis rarement déçue par leurs titres, j’ai eu envie de tenter ma chance et de me faire mon propre avis.

📚 De quoi ça parle ?

L’histoire se déroule au XIXᵉ siècle, en Savoie, tout près de la frontière franco-suisse. Depuis que l’État a multiplié les taxes pour faire passer les marchandises d’un pays à l’autre, les habitants, excédés, se tournent volontiers vers la contrebande. Autrefois, tout circulait librement ; désormais, contourner les autorités est devenu presque un sport local.

Gentiane, jeune mère du petit Joris, vit avec son mari Clovis, lui-même adepte de ces passages clandestins. Il projette d’effectuer un ultime trajet avant d’abandonner ce mode de vie et de se consacrer à sa famille. Ce dernier voyage lui sera fatal : Clovis fait une chute mortelle, laissant Gentiane seule avec un enfant à élever… et une ferme parmi les plus prospères du coin.

Cette situation attire évidemment les convoitises : Gentiane est courtisée autant pour sa terre que pour sa personne. C’est alors qu’elle commence à recevoir des lettres anonymes, certaines menaçantes, d’autres enflammées. Qui se cache derrière ces mots, et dans quel but ?

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✅ J’ai aimé :
  • Les personnages féminins, qui sont clairement les « vedettes » du roman. Elles portent l’intrigue sur leurs épaules avec une vraie présence ;
  • L’ambiance savoyarde, à la fois rude et dépaysante, qui donne au récit un charme très particulier ;
  • Découvrir plus en détail la réalité de la contrebande à cette époque, pratique que je connaissais mal et qui apporte beaucoup de relief au contexte.
❌ J’ai moins aimé :
  • Le style de l’autrice m’a parfois paru décousu, comme si elle peinait à intégrer naturellement les éléments historiques dans la narration, ce qui crée quelques ruptures de rythme ;
  • Un dénouement beaucoup trop prévisible, au point d’en devenir frustrant, tant il semble annoncé dès les premières pages (et je n'ai pas voulu y croire jusqu'au bout !).
💭 Ce que j’en ai pensé :

Bleu Gentiane m’a laissée dans un drôle d’entre-deux, capable à la fois de me passionner et de m’agacer. C’est un roman qui possède de vraies qualités, mais qui souffre aussi de choix narratifs qui m’ont parfois tenue à distance.

J’étais très curieuse d’y découvrir la thématique de la contrebande, et sur ce point, l’autrice tient réellement ses promesses. Elle montre avec un sens du détail très concret à quel point ces pratiques étaient ancrées dans le quotidien des habitants, presque comme un prolongement naturel d’une Savoie dont les frontières culturelles dépassaient largement les limites administratives nouvellement imposées. C’est exactement ce que j’aime dans les romans du terroir : cette capacité à nous reconnecter à un territoire et à ses usages.

Les personnages, dans l’ensemble, sont bien campés. Gentiane est une héroïne courageuse, un peu impulsive, mais sincère dans ses combats et ses illusions. J’ai particulièrement apprécié la relation complexe qu’elle entretient avec son frère, jeune aspirant douanier, qui montre à quel point rien n’est jamais tout blanc ou tout noir dans ces régions où chacun navigue entre survie, loyauté et débrouille.

Malgré tout, quelque chose s’est grippé au cours de ma lecture. Le style m’a parfois déroutée : dès que l’autrice veut approfondir un point historique, elle digresse longuement, presque comme si elle sortait du roman pour faire un aparté. Dans ce type d’ouvrage, j’attends justement que ces éléments soient pleinement incarnés et intégrés au récit. Ici, cela coupe le souffle narratif et m’a sortie de l’histoire à plusieurs reprises.

S’ajoute à cela le personnage de Gildas, dont le retour dans la vie de Gentiane manque cruellement de subtilité. Leur relation, censée gagner en intensité, reste étonnamment froide, et la dualité du personnage paraît artificielle. Le déroulé est si prévisible qu’il en devient frustrant, surtout pour un roman qui, par ailleurs, sait créer une atmosphère solide et des thématiques prenantes.

En somme, une lecture contrastée, riche par son contexte, mais affaiblie par une exécution narrative inégale. Cela n’enlève rien au plaisir d’explorer cette Savoie rude et pleine de vie, mais j’aurais aimé que le souffle romanesque soit à la hauteur de son décor.

📦 En bref :

J’en espérais davantage. Ce roman m’a tout de même permis de découvrir quelques aspects intéressants de la contrebande d’autrefois, mais son exécution reste inégale. J’ai malgré tout envie de poursuivre avec d’autres titres de l’autrice, histoire de voir si son style gagne en souffle et en cohérence ailleurs.

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