🕮 Les cerfs-volants de Kaboul
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Auteur : Khaled Hosseini
Éditeur : 10/18
Date de parution : 2003
Nombre de pages : 409 pages
Genre littéraire : Mélodrame historique
Public cible : Adultes
Format lu : Papier (emprunt bibliothèque)
Note : 3/5 🔥
Lecture terminée le 8 octobre 2025.
"Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d'un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n'entament leur amitié. Jusqu'au jour où Amir commet la pire des lâchetés... Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. "Il existe un moyen de te racheter", lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l'Afghanistan des talibans... et de son propre passé."
Je participe de temps en temps au bookclub Livraddict, un site que j’apprécie énormément pour la diversité de ses lecteurs et la richesse des échanges. Ce titre était justement la lecture du moment. Même si j’ai terminé un peu en retard — merci à cette superbe chute sur le trajet vers le boulot — j’ai quand même pris le temps de parcourir les avis des uns et des autres. Ce type de partage, où chacun apporte sa sensibilité et ses interprétations, reste pour moi l’un des plaisirs les plus précieux de la lecture.
L’histoire se déroule en Afghanistan, au début des années 1970. Amir et Hassan ont grandi ensemble, frères de lait mais pas égaux : Amir est un jeune Pachtoun issu d’une famille aisée, tandis que Hassan, Hazara et pauvre, est le fils du serviteur de la maison. Leur amitié est profonde mais traversée dès l’enfance par une ligne de fracture sociale et ethnique qui les dépasse.
Le récit suit leurs pas jusqu’à l’adolescence, où un événement traumatique fait basculer leur relation. Puis vient l’invasion soviétique, la fuite, l’exil, les chemins qui se séparent. Des années plus tard, alors qu’Amir a construit une nouvelle vie, une nouvelle tragédie secoue l’Afghanistan et force le passé à refaire surface. Les retrouvailles, loin d’être paisibles, prennent la forme d’une quête de réparation.
- La droiture de l’auteur envers ses personnages, car jamais il ne tente d’en faire les héros qu’ils ne sont pas ;
- Approfondir le bagage culturel de la diaspora afghane, ses trajectoires, ses blessures, ses traditions ;
- Découvrir ce Kaboul des années soixante-dix presque idyllique, vibrant et aujourd’hui disparu.
- Certaines scènes d’une grande violence, difficiles à encaisser et qui restent longtemps en mémoire ;
- Un antagoniste trop caricatural, presque trop “parfait” dans sa cruauté, qui a le chic pour réapparaître exactement quand il faut faire rebondir l’intrigue.
Cela faisait un moment que ce roman me faisait de l’œil, et plus largement cet auteur. Ma mère avait lu il y a quelques années Mille soleils splendides, l’avait adoré, et m’en parlait souvent avec ce petit sourire qui signifie “tu devrais t’y plonger, vraiment”.
Dès les premières pages, j’ai senti que j’allais me laisser porter. Le roman adopte une forme assez classique — un adulte remonte le fil de son enfance et de son basculement — mais il nous transporte dans un Afghanistan que l’on connaît mal. Celui des années 70, citadin, cultivé, presque détaché du religieux ; une société très occidentalisée, parfois jusqu’à l’artifice. On découvre les nuances entre ethnies, les écarts de richesse, et l’éternel tiraillement entre chiites et sunnites si souvent ramené à des clichés. En toile de fond, on aperçoit aussi ce pays transformé malgré lui en terrain d’expérimentation de la Guerre Froide, miné par les financements parallèles, les influences croisées, et les intérêts contradictoires qui finiront par fissurer l’équilibre fragile en place.
Et au milieu de ces grands mouvements qui dépassent tout le monde, il y a deux enfants qui absorbent sans le savoir ces tensions et les reproduisent déjà. C’est là que le roman touche juste : dans cette manière d’ancrer la petite histoire dans la grande, sans lourdeur, sans démonstration appuyée.
L’écriture est fluide, presque sans pause. Il manque peut-être quelques détails historiques pour donner au récit une profondeur politique plus nette, mais ce n’est probablement pas ce que cherche Khaled Hosseini. Il raconte avant tout des existences ballottées, des loyautés impures, des choix d’enfants qui deviennent des cicatrices d’adulte.
Ce genre de roman qui semble simple et qui, sans prévenir, vous reste dans les doigts quand vous refermez les pages.
C’est à découvrir, en gardant en tête que le roman contient son lot de scènes choquantes. Malgré cela, il offre un regard éclairé et vraiment intéressant sur le pays.