🕮 Un Noël mi-figue mi-Praline
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Éditeur : Fleuve
Date de parution : Octobre 2024
Nombre de pages : 217 pages
Genre littéraire : Feel-good contemporain
Public cible : Adultes
Format lu : Papier (Emprunt bibliothèque)
Note : 1/5 🚫
Lecture abandonnée le 10 décembre 2025.
"La famille Praline est une famille unie et pleine d'amour. Enfin... la famille Praline est une famille unie... Oui, bon... la famille Praline est... une famille. Le précédent Noël des Praline n'était pas simplement raté. Ce fut plutôt une catastrophe de taille cosmique, qui a laissé toute la famille traumatisée. Surtout les deux soeurs, Nathaline et Barbara, qui, après s'être battues à grands jets de lait de poule, ne se sont pas adressé la parole pendant un an. Hélas, inexorablement, la période des fêtes revient.
Lorsque Barbara arrive chez sa mère, elle a la surprise de découvrir que celle-ci a disparu. Francine s'est volatilisée en lançant à ses filles un avertissement : si elles ne font pas l'effort de s'entendre, elle les plantera pour de bon. Elles, leurs disputes incessantes et la biscuiterie familiale dont le chiffre d'affaires s'étiole. Voilà qui devrait changer la face du réveillon. D'abord, les Praline vont se remonter les manches pour organiser, sans Francine, les célébrations du 24 décembre. Quant à l'amour sororal... autant espérer qu'il sera livré sous le sapin."
Si j’emprunte la plupart de mes bandes dessinées et mangas en bibliothèque, c’est une autre histoire pour les romans : ceux-ci passent bien plus souvent par ma liseuse Kindle, entre achats spontanés et emprunts Prime Reading. Il m’arrive pourtant de laisser le hasard décider, et cette fois, ce sont les tables “romans de Noël” qui m’ont piégée. Carène Ponte est une autrice dont j’entends parler depuis longtemps, et comme j’avais très envie d’une ambiance festive avant l’heure, je me suis dit que c’était le moment idéal pour tenter l’expérience.
Ce roman existe en deux déclinaisons : une version « ado » centrée sur deux cousines, et une version « adulte » — celle-ci — qui suit leurs mères, Barbara et Nathaline, deux sœurs que tout oppose.
Nathaline, la cadette, est une femme solaire, bavarde, chaleureuse, et surtout héritière enthousiaste de la biscuiterie familiale, Praline, qu’elle dirige avec passion. Chez elle, tout respire le sucre, la farine, les souvenirs d’enfance et l’envie farouche de faire perdurer l’héritage paternel.
Barbara, l’aînée, a toujours été l’inverse : nulle en pâtisserie, allergique à l’ambiance de la boutique, elle a fui très jeune pour réussir brillamment dans un domaine qui lui correspondait davantage : la criminologie. Femme brillante mais émotionnellement plus réservée, elle n’a jamais vraiment réussi à raccrocher les wagons avec sa sœur.
Pourtant, Noël approche… et avec lui, les cinquante ans de la biscuiterie, événement incontournable pour lequel Barbara se voit contrainte de revenir dans sa ville natale. Elle y trouve :
– une sœur enceinte jusqu’aux yeux,
– une mère mystérieusement disparue (lassée de voir ses filles se déchirer),
– et, cerise sur le sapin, sa propre fille devenue inséparable de sa cousine… alors qu’elles ne pouvaient pas se voir la veille encore.
Entre secrets de famille, compétition silencieuse, biscuits à produire en masse et résolutions festives imposées par le calendrier, Barbara n’a qu’une question en tête : comment survivre à cette tempête de Noël ?
✅ J’ai aimé :
- Rien de particulier à signaler, malheureusement.
❌ J’ai moins aimé :
- Un humour qui tombe complètement à plat pour moi, sans jamais vraiment trouver le bon rythme ;
- Un manque de crédibilité dès qu’on touche aux aspects professionnels (que ce soit la criminologie ou la gestion de la biscuiterie), ce qui m’a sortie de ma lecture à plusieurs reprises.
Après avoir finalement décidé d’abandonner ce roman à peu près à mi-parcours, je dois me rendre à l’évidence : le feel-good « à la française », ce n’est probablement pas pour moi. J’ai déjà accumulé pas mal de déceptions dans ce genre, et celui-ci vient confirmer qu’il faudrait peut-être que j’arrête de m’acharner à y chercher quelque chose qu’il ne m’offrira sans doute jamais.
Pourtant, Un Noël mi-figue mi-Praline ne partait pas si mal. Les premiers chapitres, même s’ils souffraient déjà de dialogues un peu trop écrits — presque théâtraux — m’arrachaient parfois un sourire. L’intention était là : proposer une ambiance de Noël familière, pop, réconfortante, nourrie de références à la culture générale pour que le lecteur se sente immédiatement « chez lui ».
Mais cette volonté de créer du cosy finit vite par se retourner contre le texte : tout sonne faux, tout paraît plaqué.
La biscuiterie ultra-pittoresque qui fonctionne comme dans un téléfilm Hallmark sans jamais évoquer la réalité d’une production alimentaire ? (J'ai d'ailleurs pensé à l'héroïne de Hidden Pictures, lu récemment.)
La sœur criminologue en France qui semble disposer d’un laboratoire high-tech digne d’une série américaine ? (Coucou Bones.)
Les private jokes et les clins d’œil qui s’enchaînent au point d’éclipser l’histoire elle-même ? (Les notes de bas de pages, au secours !)
Je veux bien suspendre mon incrédulité pour une romance de Noël, ce n’est pas un problème. Mais ici, j’ai ressenti quelque chose de plus gênant : comme si le roman cherchait avant tout à cocher des cases pour répondre à un imaginaire consommé massivement, plutôt qu’à raconter une histoire incarnée, sincère, un peu vivante. Peut-être que je me trompe — peut-être pas. Mais ce manque de naturel m’a empêchée de m’attacher aux personnages ou à leur dynamique familiale, pourtant pleine de potentiel.
En somme, j’aurais aimé que cette comédie familiale assume davantage son ancrage, qu’elle ne se repose pas uniquement sur des références faciles, mais qu’elle nous propose un vrai fil narratif, quelque chose qui tienne un minimum la route… et l’attention.